Mexican Sardine Run

La baie de Magdalena est au confluent d’une remontée d’eau profonde (upwelling), du courant californien et du courant nord équatorial. Ces eaux sont parmi les plus productives au monde sur le plan biologique, du phytoplancton microscopique aux denses forêts de laminaires.

Chaque automne, de mi-octobre à fin novembre, les conditions sont parfaites pour attirer d’énormes bancs de poissons. Les sardines et maquereaux descendent d’Alaska et longent les côtes de Baja California en direction du sud.

Novembre est la période idéale pour observer la chasse des prédateurs sur les boules de sardines, « bait ball » en anglais. Les sardines se déplaçant en surface, c’est en snorkeling que nous participons à ce Sardine Run. La température de l’eau est à 20-21°C, nous portons des combinaisons de 5 mm et un peu de plomb pour être capable de nager.

Les eaux autour de Mag Bay grouillent de vie, notamment de prédateurs, des oiseaux de mer aux requins (que l’on voit rarement et seulement depuis le bateau), en passant par les lions de mer, les baleines, les dauphins, et les marlins.

Le marlin rayé (Stripped Marlin) est le poisson le plus rapide de l’océan. Il peut nager à une vitesse de 80 km/heure. C’est incroyable de le voir passer à toute vitesse, nageoires dorsales dressées, pour dévorer des sardines !

Côté oiseaux de mer, nous avons vu des pélicans en très grand nombre, différentes espèces de goélands, des fous masqués, des frégates et des puffins.

Sur place, les pêcheurs locaux connaissent bien la vie marine et c’est grâce à eux que la zone a été découverte. Afin de promouvoir l’écotourisme, la compagnie Baja Expedition s’est associée à un village de pêcheurs qui cherchent à préserver la richesse des fonds et s’opposent à la pratique de la surpêche.

Chaque matin, notre panga vient nous chercher à 7 heures et nous naviguons entre 30 et 45 minutes vers le large – jusqu’à 8 miles nautiques de la côte.

Le Galant Lady navigue dans les environs, prêt à venir nous récupérer pour le déjeuner. Nous repartons vers 14 heures pour une seconde session plus courte.

Le premier jour, la mer est hachée et le vent encore assez fort. Nous avons trouvé rapidement des boules de sardines dynamiques, c’est à dire se déplaçant rapidement. Impossible de les suivre bien longtemps à la nage, donc notre capitaine essaye de nous placer devant la boule ou légèrement sur le côté de sa trajectoire. J’ai littéralement sauté plusieurs fois dans le banc de sardines 🙂

Ce premier jour fut aussi celui des dauphins communs et grands dauphins, présents en nombre. Ils mettent un peu la pagaille dans les boules de sardines mais j’ai adoré les voir d’aussi prêts depuis la panga. Ils nous évitent cependant dès que nous sautons à l’eau.

Les jours suivants, nous avons demandé à chercher des boules statiques ou semi-statiques, pour éviter les sauts et remontées successives. C’est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin !
Les prédateurs ne sont pas toujours au rendez-vous (un peu comme lors d’un safari terrestre) mais quand c’est le cas, c’est super de les observer, dans et hors de l’eau.


Ma préférence va aux otaries qui entrent dans la boule et en ressortent en mâchant leur poisson.
J’ai de la compassion pour les petites sardines qui se font dévorer de toute part, la boule cherche parfois refuge sous les bateaux. Plusieurs individus blessés sont venus chercher refuge entre mes bras, épuisés au point de se laisser caresser. Cela m’a valu de voir le marlin en très gros plan !!!

Quand les sardines se font rares, on peut aller observer des raies mobulas qui se nourrissent près de la côte.

Nous avons aussi sauté de la panga pour passer un moment rigolo avec les jeunes d’une colonie d’otaries. Elles sont curieuses et malicieuses, venant au plus près avant de cracher des bulles dans notre direction.

Nous n’avons pas eu trop de chance avec la visibilité, plutôt faible dans une eau très verte (riche en plancton), les premiers jours. La fin de semaine a été meilleure, mais avec moins de « bait balls ». Sans abandonner la recherche des sardines, nous sommes passés en mode whale watching, avec quelques observations de rorquals de Bryde, rorquals communs et des baleines à bosses. J’ai pu apercevoir une baleine à bosse en snorkeling, quelques instants seulement, au prix d’un énorme effort physique pour couper sa trajectoire.