Tourisme responsable ?

En Afrique , 60 Ă  80% des rĂ©serves et zones protĂ©gĂ©es vivent des subsides du tourisme. La pĂ©riode du COVID a montrĂ© cette forte dĂ©pendance. Sans tourisme, moins d’argent
 et rĂ©surgence immĂ©diate du braconnage. Ce tourisme est -il durable ? Je le pense, il existe un lien Ă©troit et sincĂšre entre les professionnels du tourisme et les projets de conservation ou de dĂ©veloppement des communautĂ©s.

Je trouve utile de rĂ©viser la dĂ©finition de l’écotourisme : « apprĂ©cier nature et culture en ayant un faible impact nĂ©gatif ou un impact plus durable sur le dĂ©veloppement Ă©conomique Â». Un safari responsable est donc un safari qui apporte des avantages Ă  long terme aux Ă©cosystĂšmes, Ă  la biodiversitĂ© et aux populations.

Les 4C – CommunautĂ©, Conservation, Culture, Commerce – constituent la colonne vertĂ©brale d’une politique visant Ă  Ă©tablir un tourisme durable. C’est un cadre stratĂ©gique, bien dĂ©crit sur le site The Long Run. Le schĂ©ma ci-dessous est Ă©clairant mais il manque le pilier commercial, celui qui permet le financement des 3 autres C.

Le principe est simple : les bĂ©nĂ©fices du tourisme sont utilisĂ©s pour des projets variĂ©s dans les domaines de l’environnement, l’éducation, la santĂ©, le dĂ©veloppement Ă©conomique.

Prenons quelques exemples :

La compagnie Wilderness soutien depuis une vingtaine d’annĂ©e Save Rhino Trust Namibia, en proposant Ă  ses visiteurs des activitĂ©s de rhino tracking. L’association reçoit un financement direct et bĂ©nĂ©ficie potentiellement du soutien ultĂ©rieur de ces visiteurs. Wilderness fournit du matĂ©riel, des Ă©quipements, des vĂ©hicules


Les actions en faveur des populations ont une part importante. À Hwange (Zimbabwe), Wilderness a construit une Ă©cole et finance intĂ©gralement la cantine.

Infos sur https://www.wildernesstrust.com/what-we-do

Pangolin Photo Safaris (Kasane, Botswana) est engagĂ© dans la protection du pangolin. La sociĂ©tĂ© reverse 5$ par nuit facturĂ©e Ă  l’association Pangolin.Africa. Elle met Ă  disposition de ses clients des informations sur le pangolin et diffuse le programme gratuit de formation Pangolin Guardian.

Regardez la vidéo !

En Ouganda, le Sanctuary Gorilla Forest Camp participe au financement de l’hĂŽpital local avec le soutien d’A&K Philanthropy. Le Bwindi Community Hospital est un Ă©tablissement de 155 lits, le seul Ă  proposer des soins mĂ©dicaux dans cette zone habitĂ©e par 120 000 personnes. Les 200 soignants accueillent et traitent plus de 40 000 patients chaque annĂ©e. Infos sur https://www.akphilanthropy.org

Dans le nord du Kenya, la Sarara Foundation a mis en Ɠuvre un cercle vertueux. Investir pour la communautĂ© est le chemin du succĂšs pour les projets de conservation.

Crédit : The Sarara Foundation Theory of Change

Il s’agit donc de concilier dĂ©veloppement et conservation, un sujet complexe. Le choix responsable pour les zones fragiles n’est-il pas de privilĂ©gier un tourisme Ă  faible volume et Ă  forte valeur ajoutĂ©e ? C’est le choix du Botswana notamment et il faut bien admettre que sĂ©journer dans un « Ă©colodge Â» Ă  un coĂ»t important.

Il est frustrant de constater que des termes tels que « vert », « Ă©co », « durable » et « responsable » sont Ă  la mode et que les opĂ©rateurs du tourisme de masse les utilisent pour « verdir Â» leurs slogans marketing.

En tant que voyageur, nous avons cependant le choix de réserver un séjour en pensant aux 4 C.

Choisissez un lodge qui appartient Ă  la communautĂ© locale et pas Ă  un grand groupe Ă©tranger. Attention Ă  l’argent qui quitte le pays ! Nous avons fait ce choix avec Thakadu River Lodge lors de notre visite de la rĂ©serve de Madikwe (Afrique du Sud).

PrivilĂ©giez les guides locaux, qui ont une connaissance intime de leur territoire. Je n’ai rien contre les expatriĂ©s passionnĂ©s de bestioles et souvent compĂ©tents. Mais avec un guide local – comme Percy formĂ© grĂące aux revenus du tourisme et qui a trouvĂ© un job dans ce secteur – on rencontre un habitant de la rĂ©gion visitĂ©e. Les Ă©changes enrichissants vont dans les 2 sens, les guides posant aussi des questions sur nos vies et nos pays.

Voyager en saison verte est un choix gagnant – gagnant : les prix sont plus abordables pour le visiteur, l’extension de la saison touristique permet de crĂ©er plus d’emploi local.

Il est moins excitant de s’intĂ©resser au cadre social qu’à la check-list des espĂšces mais c’est important aussi au moment de choisir un lodge. Le lodge kenyan de Saruni Samburu publie ses chiffres concernant l’emploi des femmes (25%) et des locaux (86%).

À Borana, le lodge mesure l’impact social tous les 5 ans, via un audit externe : 65% de la population voit une amĂ©lioration de l’équilibre entre l’équitĂ© sociale et la durabilitĂ© Ă©cologique.

En conclusion, n’arrĂȘtez pas de voyager, en Afrique ou ailleurs, mais faites les bons choix en visitant les pages « Nos engagements Â» ou « Notre impact Â» des voyagistes comme des hĂ©bergeurs ou des organisateurs d’activitĂ©s.