Zimanga Private Game Reserve

Zimanga Game Reserve se trouve au KwaZulu Natal, à 288 km de l’aéroport de Durban, soit 3 heures de route environ. Zimanga s’étend sur près de 70 kilomètres carrés de bushveld traversé par la rivière Mkuze.

C’est une réserve Big 5 avec une famille de lions – 2 jeunes mâles venant d’une réserve voisine et 2 femelles plus expérimentées – une grande harde d’éléphants et pas mal de rhinocéros (blanc et noir). Nous avons vu les buffles de nuit mais si les léopards sont nombreux, ils sont difficiles à voir.

La grande spécialité de Zimanga, ce sont ses caches photographiques qui permettent de faire des photos « eye level » impressionnantes. Chaque cache accueille 4 photographes dans des fauteuils confortables, avec des trépieds, gimbals et plaques d’objectif.

Ces caches (hide en anglais) ont été conçues par Bence Máté, le pionnier de la photographie à travers une vitre sans tain. Bence Máté est un photographe hongrois, lauréat du prix Wildlife Photographer of the Year en 2010 (une compétition de photographie animalière dirigée par le Musée d’histoire naturelle de Londres et BBC Wildlife).

La conception démarre avec le choix d’un emplacement. Une cache provisoire est installée et testée pendant plusieurs mois. Cela permet d’ajuster son positionnement pour s’assurer que l’éclairage, les longueurs focales, l’arrière-plan s’adaptent avec le comportement des animaux.

La Lagoon hide a été construite sur une péninsule naturelle qui s’avance dans le barrage de Hlambanyathi. L’entrée est plutôt amusante !

Le positionnement semi-enterré permet des prises de vue au niveau de l’eau des oiseaux en train de se nourrir – notamment les cigognes, aigrettes, hérons, jacanas, martins-pêcheurs…

Une vitre sans tain et un pare-soleil qui nous isolent de l’extérieur. Les oiseaux s’approchent pourtant, attirés par leur reflet ou pour se mettre à l’ombre ?

Un 70-200 mm permet de prendre de nombreuses photos, mais un objectif plus long est également utile pour les oiseaux plus petits ou les martin-pêcheurs en vol. Des supports ont été installés pour attirer les oiseaux ou permettre des cadrages sympathiques. Je trouve que cette cache est une sorte de studio photo, implanté dans la nature.

Cette cache bénéficie d’une double exposition – est / ouest- on peut photographier face au soleil ou de façon plus classique. Pour éviter les reflets, il faut se cacher sous un rideau quand on photographie dos au soleil.

La Scavenger hide domine la vallée de Doornhoek. Les collines servent de toile de fond à ce restaurant pour vautours. En nourrissant les vautours – particulièrement les vautours à dos blanc en danger critique d’extinction – on les maintient dans des zones protégées, ce qui limite les risques d’empoisonnement par les fermiers ou les braconniers.

Cinq espèces de vautours, ainsi que d’autres charognards comme des cigognes et des aigles fréquentent régulièrement le site. Il attire aussi des chacals et des hyènes.

Les oiseaux se disputant les restes de viande, il y a de bonnes opportunités pour des photographies d’action.


Les objectifs de 300 à 400 mm sont idéaux, mais un objectif grand angle peut s’avérer utile lorsque les grands vautours s’approchent de très près. J’ai préféré utiliser le 40-150 mm pour les scènes d’action.

Depuis cette année, un éclairage « backlighting » a été installé pour faire des photos de nuit. Nous avons eu la chance de capturer une hyène tachetée lors de notre première session. Il faut arriver à la nuit, donc départ du lodge à 5 heures 30 !

Caches nocturnes d’Umgodi et de Tamboti
Les caches nocturnes de Zimanga offrent la possibilité de faire des photos spectaculaires. Les animaux s’approchent si près pour s’abreuver qu’un objectif grand angle est indispensable.

Le confort est simple mais suffisant : 4 lits superposés confortables, des toilettes, une kitchenette et même une connexion WiFi !

Les caches sont climatisées, pour éviter la condensation sur la vitre. Des souffleurs puissants permettent de désembuer rapidement si besoin. Détail important, on peut remplir le point d’eau depuis l’intérieur. Notez les murs peints en noir pour limiter les reflets.

Les photographes entrent dans la cache vers 15 heures et photographient pendant toute la session de l’après-midi. La proximité est impressionnante. Même protégé par la vitre, on se sent tout petit.

Après le coucher du soleil, ce sont des projecteurs à LED installés au niveau de l’eau qui prennent le relais en « side lighting ». Ils éclairent les sujets qui s’approchent du bord de l’eau. L’utilisation du flash est inutile et interdite.
Des capteurs de mouvement alertent les photographes lorsque des animaux s’approchent, ce qui permet de choisir un livre dans la bibliothèque, d’utiliser Internet ou de dormir, sans avoir à surveiller en permanence le point d’eau.

Le lendemain matin, il reste du temps pour faire des photos dans la lumière matinale, avant d’être récupérés vers 9 heures.

Bhejane hide
Cette cache est un bain d’oiseaux qui offre la possibilité de photographier une variété de petits oiseaux colorés, dont l’endémique Pink-throated Twinspot (Hypargos margaritatus).

La distance de prise de vue est d’environ 5,5 m. Les longues focales sont de rigueur – 400 mm équivalent 24×36 ou plus.

Les mammifères y passent aussi régulièrement. Nous avons eu la visite de ces deux beaux nyalas et d’une mangouste à la toute fin de notre session d’après-midi.

Nous avons alterné les sessions dans les caches avec des game drives plus habituels pour nous.
En Afrique du Sud, les animaux sont la propriété des réserves privés. Ce n’est pas le cas dans les pays de l’Afrique de l’est où tous les animaux sauvages appartiennent à l’état. Une conséquence est la pose de puces sur les espèces coûteuses – rhinocéros, certains éléphants, tous les félins – et donc la possibilité des les localiser grâce à la télémétrie. Ce n’est pas une garantie mais cela permet d’identifier un secteur.
Les paysages sont variés tout comme les espèces rencontrées, ce qui rend l’exercice très agréable.

Nous avons apprécié les caches et leur point de vue photographique différent, cette façon de photographier au niveau de l’animal est addictif… ce sera difficile désormais de faire une photo depuis un véhicule, très en hauteur du sujet.