Clown de mer
Le macareux moine (Fratercula arctica – Atlantic Puffin) est un oiseau unique, de part sa morphologie curieuse et son plumage nuptial coloré. Essentiellement pélagique, il vient nicher en Islande entre les mois de mai et septembre.
60 % de tous les macareux moines nichent autour de l’Islande pendant l’été soit entre 8 et 10 millions d’individus, répartis sur plusieurs sites spectaculaires. Ils apprécient les pentes herbeuses et les falaises dominant l’océan.
Le macareux en quelques chiffres : il se tient dressé sur ses pattes et mesure entre 26 et 30 cm, pour un poids de 300 à 500g. Il peut vivre jusqu’à 25 ans.


Le macareux se nourrit essentiellement de poissons – lancet, capelan, hareng, merlu, sprat – mais consomme aussi des crustacés et des mollusques. Il chasse en nageant sous l’eau en groupe, et il peut porter jusqu’à 30 poissons à la fois dans son bec… une photos que tout le monde a envie de faire ! Il peut plonger jusqu’à 60 mètres et rester sous l’eau jusqu’à 90 secondes.


Les ailes courtes du macareux sont bien adaptées à la nage, un peu moins au vol. Il doit battre des ailes environ 400 fois par minute pour atteindre une vitesse de 88 km/heure.
La femelle dépose un unique oeuf dans un terrier creusé dans un secteur herbeux ou sous un rocher. Les couples peuvent occuper le même terrier plusieurs années d’affilée. Le terrier est plutôt profond ( de 60 cm à 1 mètre), tapissé de plumes, d’herbe ou d’algues.



La femelle pond entre juin et juillet. L’incubation est assurée par les 2 parents pendant 42 jours. Le poussin est nourri de petits poissons que les adultes stockent dans leur bec. Les parents repartent en mer au bout de 40 jours. Le petit, livré à lui même, va jeûner pendant une semaine avant de s’élancer de la falaise. Il quitte le terrier à l’âge de 6 semaines et passe les quatre années suivantes à flotter sur l’océan.

J’ai prévu plusieurs options pour maximiser nos chances de tirer le portrait des « clowns de mer ».
Le site de Dyrhólaey offre des paysages magnifiques depuis ses 2 points de vue bien aménagés et reliés par un sentier d’1,3 km. C’est aussi un endroit où observer des oiseaux marins qui nichent dans les falaises et sur les rochers au large de la côte. Le fulmar est l’oiseau le plus répandu, le macareux le plus populaire. Les macareux passant la journée en mer à pêcher, il y a plus de chances de les apercevoir le matin ou le soir. Cependant, la zone est fermée entre 19 h et 9 h pour les préserver, nous n’en avons donc pas vu.




Plus loin, toujours sur la côte sud, la réserve naturelle d’Ingólfshöfði est un spot incontournable, accessible uniquement lors d’une excursion. Le Ingólfshöfði Puffin Tour commence par un trajet en charrette le long d’une immense plaine inondable de sable volcanique. https://www.fromcoasttomountains.com/ingolfshofdi-puffin-tour (budget : 95€ par personne)


Le guide nous conduit ensuite à la découverte des lieux à pied. Le promontoire abrite des oiseaux nicheurs, des macareux et des grands labbes (Stercorarius skua) principalement. L’exploration dure environ une heure et demie. Elle commence par une grimpette de sable plutôt raide et un terrain rocheux, puis se poursuit plus tranquillement sur un terrain plat et herbeux. En arrivant en bord de falaise, le sol devient piégeux, plein de trous… j’ai pris presque toutes les photos à genou pour éviter les bourrasques de vent et les chutes, tout en restant à distance du bord.


Nous avons eu un temps épouvantable – pluie forte et vent – l’appareil photo a tenu le coup, le pantalon de pluie aussi mais pas la veste pourtant Gore Tex !
Les macareux étaient là, pas en très grand nombre mais pas farouches du tout.


Dans les fjords de l’est, LE spot pour observer les macareux est Borgarfjörður, qui revendique le titre de « Puffin Capital of Iceland ». 10000 couples nichent sur ce spot. Depuis le petit port de Hafnarhólmi, on accède sur des passerelles en bois à l’île du même nom.



C’est pour moi le meilleur site d’observation en raison de la proximité avec les oiseaux – macareux, fulmars, mouettes tridactyles et canards eider.
Une bonne adresse pour boire un chocolat chaud : le café Hafnarhúsið à la marina. https://www.facebook.com/hafnarhuskaffi/


La compagnie Puffin Adventures propose des sorties en mer d’une heure. Les bateaux semi-rigides permettent une approche jusqu’au pied des imposantes falaises. Nous avons rencontré le capitaine à notre arrivée sur le site, et malheureusement la météo (vent et houle) n’a pas permis de sortir en mer. https://www.puffin.is/
Nous avons passé plus de 2 heures sur le promontoire, d’où l’on peut observer des comportements variés, les décollages comme les atterrissages, l’entretien des terriers, les appels…



L’île de Lundey est surnommée Puffin Island et ce n’est pas par hasard. Ce sont environ 100 000 macareux qui y nichent chaque été. L’île mesure 34 mètres de haut, 200 mètres de long et 100 mètres de large. Elle se trouve à 4,5 milles marins au large de Húsavík. Nous y avons fait un bref passage lors d’une excursion de Whale Watching. C’était sympa de les voir depuis la mer mais la marée basse a rendu toute approche impossible – pas un incontournable donc en ce qui concerne les oiseaux.




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