Jardin(s) d’Eden

A Madère, il y a bien des terres cultivables sur quelques plateaux mais les plus fertiles se trouvent en bord de mer, au pied de hautes falaises. Ces « fajãs » sont des terrasses constituées d’éboulis que les hommes ont transformé en jardins d’Eden, tout autour de l’île. Nous en avons découvert plusieurs et avons pris beaucoup de plaisir à y lézarder après nos matinées en montagne.

Pour y accéder, des chemins de chèvres et des téléphériques empruntés par les agriculteurs comme par les visiteurs. Un machiniste vous accueille au départ, parfois un second vous fait remonter, parfois vous êtes seuls en bas et les cabines arrivent automatiquement.

Les téléphériques m’impressionnent toujours. Surtout quand le panorama est vertigineux comme à Achadas da Cruz, sur la commune de Porto Moniz. Nous n’avons pas eu de chance car le Cable Car (6€ l’aller-retour) était fermé lors de notre passage. Les conditions de vent étaient dantesques. J’ignore si j’aurais osé embarquer pour cette descente verticale de 450 mètres ? Nous avions prévu une courte promenade de 40 minutes sur la Fajã Quebrada Nova, ce sera pour une prochaine fois…

Fajã dos padres est un petit paradis qui tient son nom des jésuites qui y ont planté de la vigne. Le site, à 20 minutes de Funchal sur la côte sud de l’île, est très fréquenté aussi bien par les locaux que les visiteurs et se garer un dimanche fut une prouesse !

L’étroite bande de terre était uniquement accessible par la mer. De nos jours, on y descend en téléphérique (10€ l’aller-retour) et les fruits sont transportés avec un monte-charge agrippé à la falaise de 250 mètres de haut.

Le propriétaire cultive de la vigne, conduite en pergolas et produit un vin naturel.


L’ensoleillement exceptionnel de la côte sud permet la culture bio de bananes, mangues, papayes, fruits de la passion, figues et avocats… Les incontournables oiseaux de paradis – Strelitzia reginae – agrémentent les sentiers.

Pour un week-end romantique, des chambres d’hôtes permettent de jouer aux robinsons une fois le dernier téléphérique remonté (à 18 heures).

Le restaurant (ouvert toute la journée) propose de louer des bains de soleil pour profiter de la jetée et de la plage de galets. Douches et cabines sont à disposition des heureux clients. Nous avons pris des jus de fruits frais et des glaces faites avec les fruits du fajã, le tout un peu cher (surtout par rapport à l’arrière pays) mais délicieux.

Après notre randonnée dans la Calderão Verde, c’est à Rocha do Navio que nous avons fini la journée, après un bon repas à la Quinta do Furão à Santana.

Nous avons déjeuné en terrasse et réalisé finalement que cette avancée dans la mer était Rocha do Navio.

Rocha do Navio tient son nom d’un navire naufragé au XIXème siècle. Le téléphérique (5€ l’aller-retour) permet d’observer plusieurs cascades qui dévalent la falaise. Le site est moins léché que Fajã dos Padres, moins touristique aussi. Il n’y a de la place que pour quelques voitures. Ici, pas de restaurant mais des petites parcelles de vignes et bananes, des légumes aussi. Le hameau constitué de quelques maisons et une casa típica n’a l’électricité que depuis 2008 !

Nous aurions pu emprunter le teleférico do rancho pour ajouter un fajã à notre collection. Nous nous sommes contentés de la vue époustouflante depuis le Skywalk de Cabo Girão. Cette installation (gratuite) trône au sommet de la plus haute falaise d’Europe, à 589 mètres au dessus de la mer.