Whale Watching

28 espèces de cétacés peuvent être vues aux Açores, selon les périodes de l’année. La position géographique de l’archipel, à la limite des “eaux chaudes” et des “eaux froides” de l’Atlantique nord, est une raison à cette variété. Ajoutons à cela les conditions d’une vie tranquille pour les animaux : à l’écart des grandes routes maritimes, sans les perturbations engendrées par la navigation de plaisance, et peu de pollution.
Consultez la liste des espèces observées par Espaço Talassa.
Nous n’avons pas vu autant d’espèces évidemment. Les observations ont été réalisées sur plusieurs années, à des périodes différentes et concernent parfois très peu d’individus.

Les cachalots sont les grands cétacés les plus présents à Pico. Ce sont des résidents permanents. Pourtant la fréquence d’observation n’est que de 45%. Nous avons 3 sorties planifiées pour y parvenir. Objectif atteint dès la première sortie !

Une sortie d’observation dure environ 3 heures, par petit groupe de 12 personnes au maximum. Nos départs sont prévus à 9 heures depuis la base d’observation de Lajes do Pico.

Le rendez-vous est fixé 30 minutes avant l’embarquement pour l’explication des procédures, une présentation multimédia sur la biologie et comportement des animaux. Coupe-vent et gilet de sauvetage une fois distribués, direction le port et embarquement. J’ai trouvé les bateaux confortables, avec une position face à la proue, assis comme sur une selle, qui permet d’encaisser la houle.
A bord, un pilote expérimenté (Pedro et Yvan) et un guide naturaliste (Aitor et Lynn), qui donne des explications sur les espèces observées et décrypte les comportements.

Pour optimiser les chances d’observation, le repérage des animaux à l’aide d’observateurs à terre a été mis en place. C’est aussi un témoignage de la culture baleinière, puisqu’à l’époque de la chasse, des guetteurs prévenaient et guidaient les baleiniers depuis cette vigie.

Ces sorties offrent aussi des vues géniales sur l’île de Pico et des possibilités de birdwatching, notamment des puffins cendrés. Au retour à Lajes, le débriefing est de rigueur, accompagné d’une boisson fraiche ou d’un vin pétillant si un cachalot saute hors de l’eau, comme ce fût le cas à 2 reprises lors de notre première sortie.

Détaillons les 7 espèces observées pendant notre séjour.
Le cachalot (Physeter macrocephalus) , Sperm whale en anglais, est un cétacé à dents (40 à 52 uniquement sur la mâchoire inférieure). Il se nourrit dans les grands fonds de calmars géants.
La taille à l’age adulte, entre 11 et 18 mètres, est impressionnante mais on ne se rend pas vraiment compte depuis le zodiac. J’ai vraiment pris conscience de la taille en voyant le squelette et la reproduction au musée d’Horta.

Le dimorphisme sexuel est très marqué, le mâle est 3 fois plus grand que la femelle.
Un cachalot peut vivre 70 ans, dans un groupe à la structure matriarcale. Toutes les femelles s’occupent des jeunes. Dans la vidéo qui suit, un jeune cherche et appelle sa mère (ou en tout cas un adulte), qui le rejoint.

Comment reconnaître le cachalot : sa tête carrée est caractéristique, comme sa nageoire caudale large et triangulaire, avec des bords étroits, échancrée au centre.

Les comportements classiques qui facilitent l’identification sont logiquement les sauts et claquements de queue (qui est un moyen de communication. Nous avons croisé un jeune cachalot manifestement inquiet, qui claquait de la queue et a sauté jusqu’à ce que sa mère le rejoigne.

La façon de sonder est caractéristique. La queue du cachalot émerge à l’horizontale avant de disparaître lors de la plongée à la verticale.

Les vigies reconnaissent les cachalots à leur souffle en colonne, qui monte à une hauteur de 2 mètres et qui est orienté vers la gauche. L’évent est positionné à gauche de la tête, très en avant.

Le rorqual boréal (Baleanoptera borealis), Sei whale. C’est un cétacé à fanons qui se nourrit de copépodes, de krill, d’anchois et de harengs.
Sa taille varie entre 12 et 16 mètres. Sa tête est pointue. Son souffle montre jusqu’à 3 à 4 mètres de hauteur.

Son corps est élancé, de couleur gris foncé à noir. Il a une vitesse de croisière de 25 km/h et peut accélérer jusqu’à 56 km/h. Son mode de propulsion, lorsqu’il nage peu profondément, crée des remous en surface, qu’il suffit de suivre pour avoir une chance de photographier ses courtes apparitions.

Il n’arque pas le dos avant de plonger mais glisse vers le fond. C’est son aileron qui disparait en dernier. Certains individus font des bulles !

Toutes les autres espèces observées appartiennent à la famille des delphinidés, qui sont des cétacés à dents. Les dauphins ont des souffles de faible ampleur, on les repère aux sauts, claquements de queue et acrobaties qu’ils pratiquent soit pour se déplacer (le marsouinage), soit pour communiquer ou jouer.

Le grand dauphin (Tursiops truncatus), Bottlenose dolphin est le plus connu. Tout le monde a vu la série ou le film Flipper ! Cette espèce est aussi celle que l’on trouve dans les delphinariums. Sa taille varie entre 1,9 et 3,9 mètres, pour un poids entre 240 et 650 kg, avec un fort dimorphisme sexuel. Il peut vivre 50 ans.
Pour l’identifier : dos gris foncé, ventre blanc rosé, avec un rostre trapu bien séparé du melon, aileron haut. Il se nourrit de poissons, lors de plongées courtes et en utilisant des techniques de chasse élaborées. C’est un excellent surfeur.

Le dauphin tacheté de l’Atlantique (Stenella frontalis), Atlantic spotted dolphin, a un corps fuselé aux flancs gris. Le ventre est blanc. Il mesure entre 1,7 et 2,3 mètres pour un poids allant jusqu’à 143 kg. En avançant en age, le corps devient plus moucheté. Le bec, moyennement long, devient blanc.

Ces dauphins sont des acrobates et produisent de nombreux sauts. Ils surfent avec plaisir près des bateaux.

Le dauphin commun (Delphinus delphis), Short-beaked common dolphin, a un bec court comme l’indique son nom en anglais. Il montre d’ailleurs son bec avant de sauter complètement hors de l’eau. Il mesure entre 1,7 et 2,4 mètres pour un poids allant jusqu’à 200 kg.
Ses couleurs uniques – noir, gris et blanc, avec une bande thoracique jaune – permettent alors une identification aisée. Sa nageoire caudale a des extrémités pointues, ses bords extérieurs sont concaves.

C’est un très joli dauphin qui vit en larges groupes et bien volontiers nager à l’étrave des bateaux.

Le dauphin de Risso (Grampus griseus), Risso’s dolphin est très différent des précédentes espèces. Son front est globuleux et il n’a pas de bec. Le corps gris foncé se couvre de cicatrices blanches avec l’âge. Le dimorphisme sexuel est faible, il mesure entre 2,6 et 3,8 mètres, pour un poids maximum de 500 kg.
Le dauphin de Risso se nourrit de calmars, poulpes et seiches, anchois et krill.
Il vit en groupes de 3 à 30 individus.

Le globicéphale tropical (Globicephala macrorhynchus), Short-finned pilot whale est d’une taille supérieure, entre 3,6 et 6,5 mètres. Cela explique peut-être qu’on le prenne pour une baleine.
Le mâle est beaucoup plus gros que la femelle. Le corps est noir. Il mange essentiellement des calmars.
Les globicéphales vivent en groupes sociaux mixtes et stables. Le comportement de vigie est fréquent.

Dans la journée, on les distingue au repos en surface et l’apparition d’un jeune déclenche toujours la joie à bord ! Ici, des dauphins communs sautent à l’arrière plan.

L’observation a un côté frustrant parce que l’on ne voit qu’une petite partie du corps des animaux. Et ce n’est rien par rapport à la difficulté de prendre des photos !
Peu après notre retour en France, les équipes ont croisé d’autres espèces qui arrivent avec l’automne : requin baleine (qui n’est pas un cétacé mais un poisson), rorqual de Bryde…