Namunyak
Située au cœur du Samburu County, au nord du Kenya, la réserve communautaire de Namunyak s’étend sur plus de 3400 km2 dans la chaîne de montagnes Matthews. Première réserve communautaire créée dans le comté de Samburu, Namunyak a été fondée en 1995. La création de cette réserve a été la première étape vers une gestion responsable de la région, alliant la protection de sa biodiversité et le développement des communautés.

Les vastes plaines, les pentes montagneuses et les forêts riveraines constituent un écosystème adapté à une grande diversité d’espèces, notamment la deuxième plus grande population d’éléphants du Kenya. Les activités proposées : game drive, walking safari, camping, randonnée …

Des Samburu Special 5, ce sont surtout les très belles girafes réticulées que l’on peut observer. Nous les avons croisées d’assez près lors d’un safari à pied accompagné de James, notre guide, et d’un ranger armé. Le walking safari est un bon moyen d’observer les oiseaux. On évite juste de croiser les éléphants, pour des raisons de sécurité.



La réserve est un super spot pour le Birdwatching, avec un nombre impressionnant d’espèces – endémiques et migrateurs – et pas mal de rapaces.
La découverte de la culture samburu tient une place importante dans les activités proposées. Les traditions orales des Samburu rapportent leur arrivée dans le nord du Kenya il y a 400 ans (sans doute plus) en suivant la vallée du Nil – comme les maasaïs dont ils partagent la langue maa. Ils se disent les descendants d’une des tribus perdues d’Israël et croient au Dieu unique de l’ancien testament. Un Dieu qui habiterait sur le Mont Ololokwe. Cet excellent livre ethnographique et photographique est disponible dans chaque tente… j’attends d’en trouver un exemplaire en bon état et à un prix correct !


La sortie vers les Singing Wells est incontournable. Sarara signifie « lieu de rencontre » en langue samburu et les familles se croisent effectivement à la rivière. En saison sèche, chaque famille creuse un puit (qui peut faire 2 à 3 mètres de profondeur) dans le lit asséché. La position de chaque famille est identique d’une saison à l’autre. Les hommes chantent pour appeler leurs bêtes et garder le rythme lorsqu’ils tirent les seaux d’eau pour remplir les abreuvoirs en bois. On fait d’abord boire les vaches, puis les chèvres et enfin les ânes qui repartent avec les femmes au village chargés de bidons d’eau. Ce sont les enfants qui gardent les troupeaux. C’est une expérience envoûtante, mais les photos ne sont pas autorisées. Les Samburu ne souhaitent pas être photographiés, ni leur bétail. J’ai tout de même cherché sur Internet et trouvé cette vidéo où James – notre James ! – présente les Singing Wells.
Le soir, les éléphants viennent profiter de ces puits et il arrive que des petits y tombent. Si les adultes n’arrivent pas à les en sortir, ce sont les guerriers samburu qui s’en chargent le lendemain et qui contactent le Reteti Elephant Sanctuary. Le sanctuaire pour éléphants de Reteti, popularisé par une série documentaire, attire aussi des visiteurs venus des réserves voisines. Je lui consacre un article spécifique.
La visite d’un village est un peu une épreuve pour moi, j’ai (souvent) le sentiment de faire du voyeurisme. Pas ici, sans doute parce que James connait les habitants et que l’appareil photo reste dans la voiture. Nous avons visité un village qui abrite 5 familles, issues de clans différents.

Pas de photo pour illustrer mes propos, j’ai donc eu recours à Chat GPT. Et je vous invite à consulter cette page https://sarara.co/news/inside-the-samburu-manyatta avec quelques photos.
Le village a un plan circulaire – efficace pour se protéger. Chaque hutte dispose de son entrée dans une clôture de branchages épineux. Les portes sont orientées vers la montagne sacrée Ololokwe et comme elles sont très basses, on s’incline devant Dieu chaque fois que l’on sort. Le bétail de chaque famille est abrité dans un abri au centre du village.

La vie de ces pasteurs semi-nomades est simple et rude. Ils déplacent (partiellement) les villages pour se rapprocher des zones propices aux animaux. Les femmes sont chargées de la construction des huttes à partir de peaux, de boue, de bouse de vache et d’herbe.

À l’intérieur, un espace pour les parents, un pour les enfants et des peaux de vache pour s’allonger à même le sol. De petits tabourets en bois servent d’oreillers (comme chez les himbas de Namibie). La cuisine se résume à un petit foyer ouvert qui brule en continu. Les journées se passent à l’extérieur. Je garderai le souvenir d’une dame très âgée, assise devant sa hutte, qui ne voyait plus bien mais qui a eu un grand sourire quand nous l’avons saluée.
Le projet du Namunyak Conservancy, soutenu par The Sarara Foundation (TSF) est construit sur un cercle vertueux : les habitants protègent les animaux, permettant au lodge d’accueillir des visiteurs. Cette activité commerciale génère des revenus directs (emplois) et des bénéfices qui sont investis pour la communauté et l’orphelinat – qui offrent aussi des emplois.
Dans le cadre de ses missions de développement de la communauté, TSF a mis en place un système d’éducation nomade Montessori, une clinique mobile, une unité dédiée d’éco-rangers qui travaillent à la restauration des pâturages, et le programme Milk to Market, qui fournit un revenu à plus de 1 200 femmes Samburu.

Ces actions couronnées de succès ont démontré que la gestion communautaire permet de concilier la conservation de la faune sauvage, l’autonomie économique et la préservation culturelle. Sarara a été une source d’inspiration pour de nombreuses communautés au Kenya, en Afrique et au delà.







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